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Après
les guerres de religion, de plus en plus nombreuses, des processions
s'organisent vers le sanctuaire de Bétharram. La plus remarquée
sera celle de 1616, entraînée par Mgr Léonard de Trapes, archevêque
d'Auch. Occasion de déposer solennellement une petite statue de
Marie et de planter une Croix sur le haut de la colline. Environ
5000 personnes étaient de cette fête grandiose.
Or;
voilà qu'à la mi-septembre, vers midi, alors que cinq paysans de Montaut,
sur la colline d'en face, prenaient un réconfort avant de reprendre
leur travail "de la fougère", la nouvelle Croix est prise
comme en tourbillon. Elle tombe, mais une grande clarté la relève!
Comme
on fera à Lourdes, 250 ans plus tard, avec la petite Bernadette,
ces cinq voyants seront soumis à de nombreuses interrogatoires.
Après des heures d'enquête, l'évêque de Lescar, Mgr Jean de Salette,
s'écrie: "C'est certain! ce qu'ils ont vu est une glorification
de la Croix!" Notre-Dame du Beau Rameau devient Notre-Dame
du Mont Calvaire.
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Louis
XIII, de visite en Béarn en 1625, fit constuire sur
le plus vif escarpement de la colline, au-dessus du
sanctuaire de Notre Dame, la chapelle et les deux cellules
de "Saint-Louis". À sa mort, il devait léguer
la somme de 3000 livres à la Madone du Béarn. "Saint-Louis"
est la 5e station du Chemin de Croix de Bétharram.
Assuré
de l'exactitude du miracle de la Croix, le chapelain
Hubert Charpentier érigea trois grandes croix sur le
faîte de la colline et en fit l'inauguration le Vendredi
Saint 1623.
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C'est
alors le début d'une incroyable effervescence. Depuis le miracle
de la Croix rayonnante, la vocation des lieux est à l'élaboration
d'un monumental Calvaire sur la colline. Sous l'impulsion du Supérieur
de Bétharram, qui est aussi celui de son pendant du Mont-Valérien,
il se composera de stations dédiées aux mêmes mystères évangéliques
jusqu'au quinzième, la résurrection.
| De
France et de Navarre, les foules viennent en masse à la Sainte Colline.
Les 15 ermitages-stations du Chemin de Croix couronnent la chapelle
Notre-Dame. Dans un espace restreint, on compte douze chapelains
pour assurer le service des pèlerins Mais l'âge d'or du Calvaire prend fin avec la Révolution.
Le 17 mars 1794, après
avoir intimé l'ordre de fermer le sanctuaire, les bandes armées
du "Représentant du Peuple", Monestier, s'en prennent
à coups de hache aux chapelles du Chemin de Croix. Sauvée de la
destruction, il ne reste que la statue en bois du Christ de la flagellation.
De cette pièce remarquable on peut déduire la qualité artistique
et spirituelle de l'ensemble.
Ainsi
disparut le premier calvaire de Bétharram, fondé par Hubert Charpentier,
complété et orné durant un siècle et demi, grâce aux dons
et aux sommes investies par les chapelains de Notre-Dame du Calvaire.
Pour voir de nouveau sur la colline l'art rejoindre la prière, il
faudra attendre 50 ans, et un certain Michel Garicoïts.
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